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dimanche 21 janvier 2007, 22h27
Grève en Guinée: le régime dénonce une "insurrection politique"
Par Alexandre GROSBOIS

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CONAKRY (AFP) - La pression est encore montée d'un cran dimanche en Guinée avec de nouvelles manifestations exigeant le départ du chef de l'Etat, le général Lansana Conté, dans le cadre d'une grève générale illimitée qualifiée d'"insurrection politique" par le parti au pouvoir.

De son côté, M. Conté, 72 ans et affaibli depuis plusieurs années par la maladie, a appelé la population et l'armée à "rester unis".

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"Ceux qui veulent le pouvoir doivent attendre leur tour (...) Les Guinéens doivent rester unis, surtout les soldats. Je vous demande de (...) ne pas suivre les syndicalistes", a lancé le président Conté, au pouvoir depuis 1984, dans une brève allocution retransmise dimanche par la Radio-télévision guinéenne (RTG).

Le secrétaire général du Parti de l'unité et du progrès (PUP, au pouvoir), Sékou Konaté, a qualifié dimanche la grève générale lancée le 10 janvier d'"insurrection politique commandée par l'opposition à travers les syndicats qui vont au-delà des revendications salariales".

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"Nous ne commandons pas les syndicats, ils ont simplement endossé nos revendications qui datent depuis toujours", a réagi Jean-Marie Doré, responsable de l'Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), un des principaux partis d'opposition.

Dimanche, Henriette Conté, l'épouse du président guinéen, a convoqué une rencontre "informelle" avec les syndicats à qui elle a demandé "d'accepter de sauver la situation en levant la grève", a rapporté le syndicaliste Mamadou Alpha Barry.

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"Nous avons refusé et posé comme condition à la levée du mot d'ordre la nomination d'un Premier ministre (dont le pays est privé depuis avril 2006) et la formation d'un gouvernement d'union nationale", a rapporté M. Barry, de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), qui a lancé la grève aux côtés de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG).

La nomination d'un gouvernement d'union nationale est exigée par l'opposition depuis plusieurs mois. Les syndicats y ont ajouté l'exigence d'un Premier ministre.

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Dans le même temps, les manifestants réclament de plus en plus ouvertement le départ du chef de l'Etat, le jugeant incapable de gouverner et le tenant responsable des maux - corruption, misère, insécurité - qui affligent ce pays d'Afrique de l'ouest, pourtant très riche en ressources minières.

Dimanche matin, environ 2.000 personnes, principalement des femmes, ont manifesté dans le calme à Labé (centre) pour demander le départ du chef de l'Etat avant d'être dispersées par la police.

"A bas le général!", "Adieu Conté!", "Changement forcé, vive la République!", pouvait-on notamment lire sur les banderoles.

La détérioration de la situation a suscité de vives préoccupations au niveau international.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé dimanche les parties "à éviter toute action qui pourrait conduire à des violences et à trouver un accord pacifique et mutuellement satisfaisant qui aide à restaurer le calme".

Une mission de médiation régionale des présidents sénégalais Abdoulaye Wade et nigérian Olusegun Obasanjo, à la demande de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cedeao), est attendue pour les prochains jours à Conakry.

Son utilité a pourtant été fortement mise en doute en Guinée, autant par l'opposition que par le parti au pouvoir.

Le bilan de la grève s'est alourdi dimanche avec le décès d'une femme de 25 ans blessée par balle vendredi à Kissidougou (centre) lors d'une manifestation. Ce décès porte à dix le nombre de morts depuis le 10 janvier, date du déclenchement du mouvement.

Rubrique : Monde
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